Les pétitions · déposées en 2024 · n°2323
Patrimoine - Paysage - Publicité : en finir avec les bâches publicitaires XXL
La décision de la commission
Voici ce que le jeu de données ouvert de l'Assemblée nationale consacre au sort de cette pétition. Rien n'est reformulé ni résumé ; seules les apostrophes typographiques et les espaces multiples sont normalisés, pour que deux libellés identiques à l'œil ne comptent pas pour deux. Un champ vide est affiché vide.
Le champ prévu pour motiver la décision est resté entièrement vide.Champ « décision de la commission » du fichier officiel.
Ce que nous constatons
- Le champ de décision du fichier est vide : le fichier ne donne pas de motif.
- N'a pas dépassé 10 000 signatures. Le seuil de classement d'office varie selon la commission, et le fichier ne l'énonce pas pour cette pétition.
- Le recueil des signatures est terminé depuis le 9 juin 2024.
- Le recueil s'est arrêté le même jour que des centaines d'autres pétitions, et non à une échéance qui lui soit propre. Nous constatons ce regroupement sans en affirmer la cause.
Classée sans décision publiée. Le jeu de données officiel prévoit un champ pour motiver le classement d'une pétition : pour celle-ci, il est resté vide. Nous constatons une absence, nous n'en déduisons rien — nous ignorons si une décision a été prise sans être rendue publique, ou si aucune ne l'a été. Voir toutes les pétitions concernées.
Texte de la pétition
Président de l'association Paysages de FranceL'architecte de l'Opéra de Paris, Charles Garnier), pouvait-il imaginer voir son œuvre telle que nous la découvrons aujourd'hui, recouverte d'une immense bâche publicitaire ? Depuis plusieurs années, les publicités géantes autorisées lors des travaux de rénovation défigurent l'esthétique de nos villes. Des lieux emblématiques comme la place de l'Opéra et la place des Vosges à Paris sont constamment soumis à cette pollution visuelle, où une rénovation succède à une autre. Aujourd'hui, c'est un sentiment de révolte qui émerge face à des multinationales et des publicitaires qui recouvrent nos sites, nos paysages, le patrimoine commun de notre nation. La longue durée des chantiers pose aussi une question légitime : est-elle réellement due aux besoins techniques des travaux, ou est-elle influencée par la volonté de maintenir des affichages publicitaires lucratifs aussi longtemps que possible ?Nous demandons à l'État d'imposer des restrictions significatives sur ces publicités invasives. Aujourd'hui, une publicité peut légalement couvrir jusqu'à 50 % d'une bâche de chantier, et même toute une façade si le bâtiment n'est pas classé monument historique ! L'année 2024 bat tous les records d'autorisation de publicité sur bâches de chantiers qui couvrent nos monuments, ou dans des sites d'exception comme le Mont-Saint-Michel en février 2024. Nous demandons l'abrogation de l'article L.621-29-8 du Code du patrimoine, qui autorise de façon permissive l'installation de ces bâches. Charles Garnier lui-même avait, il y a un siècle et demi, dénoncé l'envahissement publicitaire dans un texte publié dans la revue La Gazette, “Les affiches agaçantes”, dont nous publions plus bas quelques extraits. Il est temps de dénoncer la nuisance pérenne qu'engendrent ces affichages publicitaires en tout lieu. Mobilisons-nous pour protéger notre patrimoine et nos paysages de la publicité XXL !--------------------------------------------------------------------------------------------------Lettre - posthume- de Charles Garnier aux parisiens publiée dans la gazette des beaux-arts 1870-1871--------------------------------------------------------------------------------------------------Les affiches agaçantes“ N' êtes-vous pas comme moi ; ne vous sentez-vous pas offusqués par ces grandes pancartes industrielles qui s'étalent au milieu de nos rues, s'imposent à nos regards et nous gâtent tant de belles vues de notre cité ? Peut-être serez-vous étonnés de cette question, tant pis alors : car déjà vous êtes contaminés par le milieu dans lequel vous vivez et le sentiment du goût s'est émoussé dans votre esprit. Quant à moi, ces énormes affiches peintes me causent toujours une impression fort désagréable, pénible même, et je me sens souvent saisi d'un violent dépit contre les administrateurs qui laissent ou qui ont laissé si négligemment notre ville compromettre sa beauté par de telles enseignes.Comment, je ne pourrai pas, en parcourant certains quartiers de Paris, admirer à mon aise les édifices qui y sont construits, sans être entravé dans mon admiration par d'énormes annonces qui attirent et blessent ma vue ! [ … ]Je paie mes taxes, surtaxes, centimes et décimes pour que vous, maire de Paris, préfet de la Seine ou préfet de police, me donniez un peu de bien-être par-ci, un peu d'art par-là ; [...] n'ai-je pas le droit de trouver que mon argent est en partie mal employé ? [...][...] est-ce que tous ces enfants, qui ne savent encore rien de l'art, ne peuvent pas se laisser surprendre par ces grossières images imposées chaque jour à leur vue ? [...] Les rues, les places, les villes enfin, doivent faire l'office de professeurs ; l'éducation première et persistante vient de ce qui nous entoure, et il ne faut pas négliger ces enseignements forenses, car les leçons qu'on en reçoit, bonnes ou mauvaises, laissent des germes profonds, qui seront bien longs à disparaître, si même ils disparaissent jamais.Si vous vous sentez impuissants à développer cet enseignement, au moins soyez assez forts pour ne pas le pervertir. Mieux vaut une nation ignorante qu'une nation corrompue, et, ne fût-ce que partiellement, vous aidez sans conteste à la corruption du goût en ne proscrivant pas sévèrement de telles enseignes.Oh ! je sais bien que vous allez vous retrancher derrière le grand mot de liberté individuelle, et que vous me direz que tout propriétaire a le droit de disposer de son mur à sa façon ; mais si vous le laissez libre d'abandonner ce mur à la confection de grosses réclames, vous ne laissez plus tous les autres habitants libres de se promener sans être agacés par elles.[...] je veux protester et je proteste contre cette coutume déplorable, qui n'est en résumé qu'une marque de décadence, qui tend, hélas ! à se généraliser. La province imite Paris dans cette laideur ; l'étranger suit la même voie; [...]. . . . . Vraiment, vous trouvez que j'exagère ; vous trouvez que ces barbouillages ne valent pas tant de colère et de tristesse. [...] toutes ces photographies qui étaient prises de cet ensemble et qui se répandaient à l'étranger montraient à tous les artistes de la terre que, peu soucieux du caractère accusé et typique de cette vue, les parisiens souffraient que pour l'appât de quelques francs un quidam se donnât le droit de détruire et les lignes et les couleurs de la pointe du Pont-Neuf.[...] l'art est partout, il est dans tout : dans la rue comme dans le musée, et je dénie le droit que s'arrogent quatre ou cinq industriels de maculer avec leurs enseignes outrecuidantes la ville qui abrite un million d'habitants ![...] il se peut que le petit grelot que je fais sonner tinte assez fort aux oreilles de nos édiles, pour qu'ils supposent que le bruit qu'ils entendent n'est pas fait par moi seul, mais bien aussi par nombre de gens qui partagent mes impressions à l'endroit des affiches agaçantes.”CHARLES GARNIER.extrait de la Gazette des beaux-arts (Paris 1859). 1870-1871(1) Charles Garnier gagne le concours de l'Opéra en 1861Vous trouverez l'article dans son intégralité sur la bibliothèque numérique du site Gallica, le document étant la propriété de la Bibliothèque nationale de France.
Texte republié intégralement depuis le jeu de données ouvert des pétitions (Licence Ouverte 2.0). La pétition reste consultable sur la plateforme officielle de l'Assemblée nationale.
Données extraites du fichier officiel de data.gouv.fr, calculées le 12 oct. 2026. Notre méthode, nos règles et leurs limites sont détaillées sur la page méthodologie.